Maison à la réputation transfrontalière, le Château du Mylord est une superbe bâtisse entourée d’un joli parc où l’on peut profiter, en saison, de l’agréable terrasse. L’intérieur rénové récemment offre de jolis tons colorés contrastant avec la solennité des hauts plafonds et des grandes portes. Un personnel charmant oeuvre ici, cornaqué par Madame et par un sommelier talentueux plein de malice. Chose rare, les mises en bouche sont présentées, par écrit aussi, à table. Ce qui, devant de telles complexités aromatiques, permet à chacun d’encore mieux apprécier le talent du chef. Belle initiative !!! Nous débutons par un thon hamachi au caviar, légumes, algues et un cannelloni de tourteau débordant d’iode parfaitement maîtrisé. Pour suivre, la sardine marinée et sa couenne de porc en chips avant le homard et son émulsion et gelée au lait battu. Une très belle association. Si le saint-pierre est ensuite un rien trop cuit, il reste savoureux avec son escavèche de poivrons et coques. Après la juteuse volaille cou nu de la région préparée selon les règles des maîtres rôtisseurs, voici qu’arrive l’apothéose d’un grand repas : le festival de desserts dont seul Christophe, le frère du chef qui officie (et c’est le mot) à la pâtisserie avec la non moins passionnée Carine, a le secret. Splendide cave, celle d’un grand château…forcément.